Jeudi 17 avril 2008
Alors qu'il fallait remonter la pit-lane en ce jour d'essais du GP de Suisse 1982 à Dijon-Prenois (ça ne rajeunit personne), mon père (responsable de la sécurité de cette zone) s'approcha de l'écurie Renault qui se battait pour le championnat du monde. Il y avait du monde autour, ça transpirait le professionnalisme et la détermination à vaincre à plein nez. Les mécaniciens s'affairaient sur les autos et conversaient avec le futur champion du monde Alain Prost. Mon père s'approcha encore un peu plus pour comprendre comment se faisait l'osmose entre le Team et son pilote dans le but de décrocher une couronne mondiale. Il s'attendait éventuellement à un langage codé sur les derniers réglages afin d'éviter d'ébruiter les solutions mécaniques vers d'autres écuries (Brabham notamment qui comptait dans ses rangs Nelson Piquet). Or quelle ne fut pas la surprise de mon paternel lorsqu'il put saisir les paroles de Prost avec son ingénieur piste. En effet, loin des considérations mécaniques et des casse-têtes aérodynamiques, Alain Prost décrivait plutôt les courbes de la carrosserie de la jolie demoiselle qu'il avait montée dans sa chambre la veille au soir et de ses atouts "mammaires". Au temps des jupes à effet de sol, les mini-jupes, quant à elles, faisaient tourner la tête de ces chevaliers des temps modernes.
    Par la suite, Prost et Piquet  virent le titre de champion du monde leur glisser des mains pour  atterrir chez Williams et Keke Rosberg (qui, pour l'anecdote ne remporta qu'un GP, celui à Dijon (sic)) Mais peu importe pour ces pilotes, l'essentiel est qu'il fallait prendre du bon temps à l'époque. Chose bien révolue de nos jours...

(Merci à mon paternel pour avoir vécu tout ça...)
Par Grégory Ronot - Publié dans : Mémoires
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Vendredi 7 mars 2008
La 1ère fois que j'ai rencontré Franck Montagny, c'était (encore une fois) sur le circuit Dijon-Prenois en 1999 quand il disputait le championnat de France de F3 contre un certain Sébastien Bourdais. J'avais trouvé cet homme assez exubérant par son style vestimentaire mais surtout par son coup de volant magique! Non, je n'en fait pas trop quand je dis ça, j'ai vraiment été époustouflé par le pilotage de Franck Montagny et je fus déçu qu'il ne remporta pas le championnat en fin de saison (et pourtant, le titre fut hautement mérité par Bourdais, que j'admire également)! A la fin du meeting de Dijon, je m'approchai de lui pour échanger quelques mots, j'étais accompagné de ma petite amie de l'époque. Ce coquin n'eut d'yeux que pour elle et je ne savais pas comment réagir. Gênée presque, ma petite amie me demanda qui il était et je lui répondis que dans peu de temps on le verrait titulaire d'un volant en GP. Jusqu'à peu de temps, je commençais à croire que j'avais menti à mon ex-amie quand je fus soulagé lorsque de Montagny disputa le GP d'Europe 2006. J'espère que ce jour-là, mon ex (qui suit la F1) eut une petite pensée pour moi en se disant qu'à l'époque j'avais eu raison de le présenter ainsi...
Par Grégory Ronot - Publié dans : Mémoires
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Mercredi 5 mars 2008
    Alors que nous prenions possession de notre chambre à Bourbon L'Archambault pour le GP de France 1995, nous rencontrâmes un journaliste Suédois qui nous fit vite comprendre que c'était un vieux de la vieille. Il nous expliqua que telle année, tel pilote avait dormi ici, à quelle heure il fallait se lever pour être à l'heure au circuit et ce qu'il fallait prendre au menu de ce soir... Plus tard, nous faisions la connaissance d'une milliardaire japonaise qui, pour rendre ses jours meilleurs, avait décidé de faire tous les GP de F1 européens dans la saison (joli passe-temps, ça change du Juste Prix) et nous parla des pilotes japonais avec qui elle avait lié amitié (le lendemain, elle me présenta Ukyo Katayama, mais je reviendrai là dessus une autre fois...). Enfin, nous croisâmes le chemin d'un journaliste complètement perdu dans cette jungle car il remplaçait le préposé au sport auto sur le tard, ce-dernier soignant une otite sévère. Il nous expliqua que le sport qu'il couvrait en temps normal était le Tennis. Aussi, il nous fit comprendre qu'il ne connaissait strictement rien à la F1 (ah si, il nous affirma quand même que les Ferrari DEVAIENT être les monoplaces rouges!). On n'était pas encore sur le circuit, ce vendredi, que nous connaissions déjà trois personnes bien différentes mais liées par une chose commune: la F1... Nous nous étions promis de nous retrouver le soir même autour d’une même table pour discuter des expériences de chacun. Notre amie Japonaise faisait des louanges de l’ambiance des GP moto, notre ami Suédois nous narra ses exploits journalistiques dans les années 70 (que je n’ai pas connues) et notre compatriote, journaliste parachuté par hasard sur un GP, nous raconta moult anecdotes croustillantes sur François Mitterrand et de ces grandes réceptions qu’il offrait aux grands de ce monde. Mes années de fac n’auront pas été suffisantes par rapport à cette soirée qui m’en appris bien davantage sur les frasques de la politique de notre pays. Que c'est bon, tiens!
Par Grégory Ronot - Publié dans : Mémoires
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Mardi 4 mars 2008
  Cette année encore sur le circuit Dijon-Prenois se déroulera le GP de l’âge d'or automobile, véritable rendez-vous des férus d'anciennes autos! Il est préférable de voir une vraie auto tourner sur un circuit que de la voir inerte dans un musée...
    Il me revient un grand souvenir, pas plus vieux que l'année dernière pour le même meeting! Je discutais avec mon grand ami F. Odille (Directeur de course FFSA en ses heures perdues) non loin de son antre, la Direction de course quand il me proposa de poursuivre notre conversation au frais, assis dans le safety-car (une C4 VTS pour l'anecdote). On s'installa confortablement alors que les Formule 1 historique se mettaient en pré grille. Un collègue s'approcha du safety-car et demanda à F. Odille de lancer la procédure avec la C4. Pas de problème, nous voilà partis pour un tour de reconnaissance à fond de cale (terme du métier) puis on s'installa devant les F1 qui étaient déjà sur la grille de départ. Je m'apprêtais à descendre de la voiture quand le directeur de course anglais, responsable des F1 historiques, s'assit à côté! Il m'autorisa à rester assis derrière. Nous étions donc trois dans le safety-car et les deux directeurs de course s'échangèrent en anglais les dernières recommandations pour que la course se déroule le mieux possible. Moi, je profitai de ma situation plus que privilégiée pour admirer les mécaniciens qui s'affairaient autour des monoplaces (qui avaient déjà foulé la piste bourguignonne il y a quelques temps en championnat du monde de F1.) Puis, la piste s'éclaircit, les mécanos s'écartèrent et j'avais devant moi (enfin derrière nous) 15 pilotes amateurs richissimes prêts à en découdre pour la gloire au volant des monoplaces les plus puissantes de l'époque. Puis le directeur de course demanda à F.Odille s’il était prêt à s'élancer. Il répondit par l'affirmative et l'Anglais lança dans un flegme tout à lui "Have to be fast but don't crash!" (sois rapide mais ne nous sors pas!). Voilà, comment ne pas mettre la pression à tout le monde (c'est vrai que sortir le safety car dans un bac à vive allure doit nous mettre dans les petits souliers, mais il fallait quand même être très rapide pour que les F1 puissent monter en température). tout se passa merveilleusement bien pour le tour de chauffe et le départ fit énormément trembler la C4. L'émotion fut grande. Etre poursuivit par 15 F1 n'arrive pas à tout le monde. Encore une bien belle expérience vécue au cœur de l'action...

Merci Fab'
Par Grégory Ronot - Publié dans : Mémoires
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Lundi 3 mars 2008
   Les Finlandais ont la réputation de casse-cou, d'ailleurs on les surnomme les "Flying Finns" (les Finlandais volants). Je pus m'en rendre compte un soir de GP de France à Magny-Cours lorsque suivant tranquillement un camion McLaren-Mercedes qui se dirigeait vers le circuit Lurcy-Lévis, nous fûmes dépassés par une bombe noire de marque allemande! Mon père lança un volumineux  "Non, mais regarde-moi ce taré!". Il est vrai que l'automobiliste qui nous dépassa pris un sacré risque pour nous dépasser ainsi que le camion devant nous sur cette étroite nationale nivernaise. D'une main, il tint son volant avec vergogne, de l'autre, il prit le temps de saluer le poids-lourd!
L'incident oublié, nous continuâmes notre route jusqu'à notre arrêt de rigueur dans une belle auberge en direction de Bourbon l'Archambault. On y croisa le grand Mika Hakkinen à notre stupéfaction. On lui demanda de poser gentiment pour la photo de rigueur. "Qu'il est sympa ce Mika quand même! Pas comme l'autre qu'on a croisé tout à l'heure!" Puis on se retourna et on le vit monter dans la Mercedes noire... On se regarda avec mon père, ce regard complice qui traduisit: "ces pilotes, tous des ding
ues..."
Par Grégory Ronot - Publié dans : Mémoires
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Lundi 3 mars 2008
Je me souviens de l'année 1990 et de cette chaleur estivale qui envahit le circuit Dijon-Prenois. Je me trouvais sur une tribune de fortune en bout de ligne droite, dressée spécialement par le Conseil Régional de Bourgogne, attendant avec frénésie le lâcher des fauves, tels les gladiateurs du nouveau monde dans l'arène surchauffée. J'avais découvert ce championnat l'année précédente avec les fabuleuses Jaguar Silk Cut face aux terribles Sauber-Mercedes et pour moi, ce rendez-vous était devenu incontournable malgré mon jeune âge. Entre les qualifs et le warm-up, je me prenais pour Schlesser avalant le "S" des sablières à plus de 200 km/h, je rêvais d'être à la place de Tambay et de dévaler la cuvette à une vitesse inouïe, je songeais à être Wolleck et arpenter la fracassante courbe de Pouas tout en appui. Aussi, je ne tenais plus en place quand en début d'après midi, un grondement lourd et étouffé se rapprocha telle une balle de fusil. Une explosion de sons perça  mes oreilles en même temps que les bolides arrivèrent au freinage à plus de 250 km/h. Je ne savais plus où regarder tellement le spectacle fut ahurissant et interminable. Puis plus rien, la meute s'enfonçant derrière la forêt, dissipant un nuage de poussière de carbone. A peine remis des mes émotions, la meute, un peu plus étirée, mais toujours continue, resurgit à nouveau moins de deux minutes plus tard! Et ce balai infatigable se prolongea pendant 3 heures, nous offrant un spectacle d'une rare intensité. Seule la chaleur nous accabla un peu en fin de course, nous remercions le ciel de ne pas être à l'intérieur de ces protos qui avoisinaient les 70 degrés. L'endurance connut  ses dernières heures de gloire mais fit émerger un immense champion, Michaël Schumacher! Et oui, encore inconnu, maigre et timide, le jeune Allemand évoluait devant nous incognito, à l'image d'Ayrton Senna sur ce même circuit chez Toleman, 6 ans auparavant. Et c'est là qu'on regrette de ne pas avoir pu "shooter" la perle rare, cherchant avant tout à approcher les vedettes de l'époque. Je me souviens le voir dans sa combinaison presque trop grande pour lui, accepter son trophée timidement, voulant presque se cacher derrière son co-équipier d'alors.
Aussi, sur les circuits, n'hésitez pas à photographier le pilote qui ne fait pas de bruit, pas d'esbroufe, il sera peut-être la star de demain et vous pourrez dire "J'y étais!"


Par Grégory Ronot - Publié dans : Mémoires
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