La 1ère fois que j'ai rencontré Franck Montagny, c'était (encore une fois) sur le circuit Dijon-Prenois en 1999
quand il disputait le championnat de France de F3 contre un certain Sébastien Bourdais. J'avais trouvé cet homme assez exubérant par son style vestimentaire mais surtout par son coup de volant
magique! Non, je n'en fait pas trop quand je dis ça, j'ai vraiment été époustouflé par le pilotage de Franck Montagny et je fus déçu qu'il ne remporta pas le championnat en fin de saison (et
pourtant, le titre fut hautement mérité par Bourdais, que j'admire également)! A la fin du meeting de Dijon, je m'approchai de lui pour échanger quelques mots, j'étais accompagné de ma petite
amie de l'époque. Ce coquin n'eut d'yeux que pour elle et je ne savais pas comment réagir. Gênée presque, ma petite amie me demanda qui il était et je lui répondis que dans peu de temps on le
verrait titulaire d'un volant en GP. Jusqu'à peu de temps, je commençais à croire que j'avais menti à mon ex-amie quand je fus soulagé lorsque de Montagny disputa le GP d'Europe 2006. J'espère
que ce jour-là, mon ex (qui suit la F1) eut une petite pensée pour moi en se disant qu'à l'époque j'avais eu raison de le présenter ainsi...
Par Grégory Ronot
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Alors que nous prenions possession de notre chambre à Bourbon L'Archambault pour
le GP de France 1995, nous rencontrâmes un journaliste Suédois qui nous fit vite comprendre que c'était un vieux de la vieille. Il nous expliqua que telle année, tel pilote avait dormi ici, à
quelle heure il fallait se lever pour être à l'heure au circuit et ce qu'il fallait prendre au menu de ce soir... Plus tard, nous faisions la connaissance d'une milliardaire japonaise qui, pour
rendre ses jours meilleurs, avait décidé de faire tous les GP de F1 européens dans la saison (joli passe-temps, ça change du Juste Prix) et nous parla des pilotes japonais avec qui elle avait lié
amitié (le lendemain, elle me présenta Ukyo Katayama, mais je reviendrai là dessus une autre fois...). Enfin, nous croisâmes le chemin d'un journaliste complètement perdu dans cette jungle car il
remplaçait le préposé au sport auto sur le tard, ce-dernier soignant une otite sévère. Il nous expliqua que le sport qu'il couvrait en temps normal était le Tennis. Aussi, il nous fit comprendre
qu'il ne connaissait strictement rien à la F1 (ah si, il nous affirma quand même que les Ferrari DEVAIENT être les monoplaces rouges!). On n'était pas encore sur le circuit, ce vendredi, que nous
connaissions déjà trois personnes bien différentes mais liées par une chose commune: la F1... Nous nous étions promis de nous retrouver le soir même autour d’une même table pour discuter des
expériences de chacun. Notre amie Japonaise faisait des louanges de l’ambiance des GP moto, notre ami Suédois nous narra ses exploits journalistiques dans les années 70 (que je n’ai pas connues)
et notre compatriote, journaliste parachuté par hasard sur un GP, nous raconta moult anecdotes croustillantes sur François Mitterrand et de ces grandes réceptions qu’il offrait aux grands de ce
monde. Mes années de fac n’auront pas été suffisantes par rapport à cette soirée qui m’en appris bien davantage sur les frasques de la politique de notre pays. Que c'est bon,
tiens!
Par Grégory Ronot
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Je me souviens de l'année 1990 et de cette chaleur estivale qui envahit le circuit Dijon-Prenois. Je me
trouvais sur une tribune de fortune en bout de ligne droite, dressée spécialement par le Conseil Régional de Bourgogne, attendant avec frénésie le lâcher des fauves, tels les gladiateurs du
nouveau monde dans l'arène surchauffée. J'avais découvert ce championnat l'année précédente avec les fabuleuses Jaguar Silk Cut face aux terribles Sauber-Mercedes et pour moi, ce rendez-vous
était devenu incontournable malgré mon jeune âge. Entre les qualifs et le warm-up, je me prenais pour Schlesser avalant le "S" des sablières à plus de 200 km/h, je rêvais d'être à la place de
Tambay et de dévaler la cuvette à une vitesse inouïe, je songeais à être Wolleck et arpenter la fracassante courbe de Pouas tout en appui. Aussi, je ne tenais plus en place quand en début d'après
midi, un grondement lourd et étouffé se rapprocha telle une balle de fusil. Une explosion de sons perça mes oreilles en même temps que les bolides arrivèrent au freinage à plus de 250 km/h.
Je ne savais plus où regarder tellement le spectacle fut ahurissant et interminable. Puis plus rien, la meute s'enfonçant derrière la forêt, dissipant un nuage de poussière de carbone. A peine
remis des mes émotions, la meute, un peu plus étirée, mais toujours continue, resurgit à nouveau moins de deux minutes plus tard! Et ce balai infatigable se prolongea pendant 3 heures, nous
offrant un spectacle d'une rare intensité. Seule la chaleur nous accabla un peu en fin de course, nous remercions le ciel de ne pas être à l'intérieur de ces protos qui avoisinaient les 70
degrés. L'endurance connut ses dernières heures de gloire mais fit émerger un immense champion, Michaël Schumacher! Et oui, encore inconnu, maigre et timide, le jeune Allemand évoluait
devant nous incognito, à l'image d'Ayrton Senna sur ce même circuit chez Toleman, 6 ans auparavant. Et c'est là qu'on regrette de ne pas avoir pu "shooter" la perle rare, cherchant avant tout à
approcher les vedettes de l'époque. Je me souviens le voir dans sa combinaison presque trop grande pour lui, accepter son trophée timidement, voulant presque se cacher derrière son co-équipier
d'alors.
Aussi, sur les circuits, n'hésitez pas à photographier le pilote qui ne fait pas de bruit, pas d'esbroufe, il sera peut-être la star de demain et vous pourrez dire "J'y étais!"
Par Grégory Ronot
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